Repertoire August 1992
NikolaI MIASKOVSKI et CHOSTAKOVITCH
Adagio du ruisseau limpide. – TCHAIKOVSKI Variations rococo, Nocturne en ré mineur
Julian Lloyd Webber (violoncelle)
Orchestre Symphonique de Londres
Dir. Maxime Chostakovitch
Sous le titre ‘ d’oeuvres représtatives du post-romantisme académique russe’, l’excellent livret de P.E. Barbier nous définit le cheminement créatif et les points communs de ces quatre opus. Le Concerto dc Miaskovski (auteur entre autres de 27 Symphonies et de 9 Sonates publiées que l’on écoutera avec profit dans l’intégrale McLachlan chez Olympia) est une pure merveille d’écriture lisztienne et schuman-nienne. Le violoncelle est traité comme la voix humaine et l’orchestration très riche crée une notion et attige d espace qui permet au ta lent très improvisateur de Webber de s’exprimer.
Avec l’Adagio du ruisseau limpide de Chostakovitch. on tient la première occidentale de la quatrième partie (Adagio des cinq tableaux de cette « comédie-ballet e, chorégraphie des années 1929/1934. Avec la mise â l’index de l’opéra Lady Mac- bath de Chostakovitch et par là- même du début de la dictature musicale de l’ère nouvelle stalinienne, l’auteur du Net avait choisi un thème propre à mettre en avant l’ironie d’une action se situant entre Kholkoziens dans une ferme collective à Cuba… L’Adagio fait partie de la suite d’orchestre. Voyons-y un sublime pastiche d’un ballet tchaïkovskien (cantilène du violoncelle avec accompagnement de harpe) où, subi tement, émerge l’harmonie et la rythmique de la future Leningrad. Certes plus concertantes et moins originales, les Variations rococo et le Nocturne (tiré d’une des nombreuses transcriptions du numéro 4 de l’opus 19 pour piano seul sont joués avec une grande sobriété par Webber qui. évite toute surcharge â ces pages surannées concluant intelligemment cc récital bien ficelé.
Stéphane Friéderich

